Au Nord et au Nordeste du Brésil, les socio-écosystèmes côtiers forment une mosaïque interconnectée : herbiers marins, récifs, zones sableuses ou vaseuses, mangroves, estuaires et océan ouvert s’y rencontrent, constituant un réseau écologique essentiel au maintien de la vie marine.


Parmi eux, les récifs figurent parmi les écosystèmes les plus riches en biodiversité. Les récifs coralliens, fréquents dans les mers tropicales, sont formés par l’accumulation des squelettes calcaires des coraux.

Ces récifs hébergent une grande diversité d’invertébrés, comme les langoustes, ainsi que de nombreux poissons emblématiques, tels que le poisson-perroquet bleu, ou encore les requins bouledogues, souvent redoutés mais pourtant essentiels au bon fonctionnement des écosystèmes marins.

À l’instar des mangroves, les récifs jouent un rôle de barrière naturelle en dissipant l’énergie des vagues et en atténuant l’impact des tempêtes. L’extraordinaire biodiversité qu’ils abritent soutient des activités de pêche vitales pour de nombreuses communautés côtières.


des composés issus d’organismes marins sont déjà utilisés dans le traitement de maladies telles que le cancer, les inflammations ou les pathologies cardiovasculaires.


Les coraux participent par ailleurs à la séquestration du carbone, en fixant du CO₂ sous forme de carbonate de calcium, jouant ainsi un rôle actif dans la régulation du climat.

Pendant longtemps, les récifs ont été utilisés comme matériau de construction, mais cette pratique est aujourd’hui interdite. Pourtant, les récifs coralliens restent menacés par de nombreux facteurs.





L’augmentation des températures provoque la mort des zooxanthelles — des microalgues symbiotiques indispensables aux coraux — ce qui entraîne leur blanchiment et met leur survie en péril. Ce phénomène est renforcé par l’acidification des océans, qui réduit la capacité des coraux à fabriquer leur squelette de carbonate de calcium, les rendant plus fragiles face aux maladies et à l’érosion.


La pollution marine, notamment les rejets d’eaux usées, favorise la prolifération d’algues envahissantes qui remplacent les coraux, surtout dans les zones où la surpêche a réduit les populations de poissons herbivores, essentiels pour contrôler ces algues.
Des espèces exotiques telles que le corail solaire (Tubastraea spp.) ou le poisson-lion (Pterois volitans) entrent également en compétition avec la faune locale, perturbant l’équilibre des écosystèmes.


Enfin, un tourisme mal encadré représente une menace importante, notamment dans des zones comme les piscines naturelles de Porto de Galinhas (Pernambuco, Brésil). Le piétinement des coraux, le nourrissage des poissons et la circulation intense de bateaux peuvent gravement endommager ces écosystèmes fragiles.
Le groupe TAPIOCA étudie les socio-écosystèmes côtiers à différentes échelles, en combinant l’étude des processus physiques, écologiques et sociaux. Pour mieux comprendre ces environnements complexes nous menons des expéditions océanographiques le long du plateau continental, ainsi qu’autour de l’atoll das Rocas et de l’archipel de Fernando de Noronha.
À Fernando de Noronha, nous utilisons de plus petites embarcations équipées de caméras sous-marines et de sondeurs acoustiques afin d’identifier les principaux motifs de distribution de la biodiversité.


Le long des côtes, nous embarquons à bord de bateaux de pêche, notamment de crevettiers, pour suivre l’évolution des pêcheries et mieux comprendre la dynamique des espèces exploitées ou non.
Toutes ces données spatialisées sont précieuses pour améliorer la gestion des ressources marines, en particulier dans le cadre de la planification spatiale marine. Elles contribuent, entre autres, à la mise en place de zones marines protégées conciliant la préservation de la biodiversité et le maintien des pratiques culturelles et des activités traditionnelles.

Tout ce que nous rejetons sur terre finit, tôt ou tard, dans la mer. Les socio-écosystèmes côtiers sont directement touchés par les effluents des rivières, les déchets domestiques et les pollutions plastiques. En évitant de jeter nos déchets dans l’environnement, en limitant l’usage du plastique à usage unique, nous contribuons à réduire ces sources de pollution.


En tant que touristes, nous devons garder à l’esprit que ces milieux sont fragiles : mieux vaut les observer que les toucher ou les piétiner.
En tant que scientifiques, nous cherchons à favoriser une gestion plus inclusive des milieux marins. Cela passe par la production de nouvelles connaissances, mais aussi par la reconnaissance et la valorisation des savoirs traditionnels. Notre objectif : contribuer à une planification marine qui protège à la fois les écosystèmes et les communautés humaines qui en dépendent le plus directement.

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