Les mangroves se développent à la frontière entre terre et mer, formant, dans les estuaires, une forêt traversée de canaux qui s’animent au rythme des marées. Les arbres, les palétuviers, y déploient leurs branches vers le ciel, tandis que leurs racines aériennes plongent vers l’eau.


À la fois forêts et marais, les mangroves protègent les côtes de l’érosion, atténuent les inondations et amortissent l’impact des tempêtes, de plus en plus intenses avec le changement climatique. Elles capturent et stockent d’importantes quantités de dioxyde de carbone, le ‘carbone bleu’, limitant ainsi le réchauffement global et servent de filtre naturel, purifiant l’eau qui la traverse.

La mangrove préserve les traditions et le savoir-faire des communautés locales. Autrefois refuge pour les esclaves en fuite, elle est devenue un berceau de la culture afro-brésilienne et un patrimoine vivant. Ses arbres fournissent bois de construction et remèdes, et sa pêche durable repose sur des techniques transmises de génération en génération. La pêche artisanale est une source de subsistance pour des millions de personnes, où un rôle clé est joué par les femmes, qui représentent plus de 50 % des pêcheurs.


En servant de nurserie pour de nombreuses espèces marines, la mangrove soutient des écosystèmes marins éloignés, où d’autres communautés de pêcheurs trouvent leur subsistance.












Nos recherches révèlent des concentrations de polluants si élevées dans les mangroves du Nordeste brésilien qu’elles altèrent la santé de la plupart des poissons. Cela affecte les populations qui les consomment.

Intimement liés aux mangroves, les pêcheurs, et en particulier les femmes, sont les premières victimes et font face à de multiples menaces : perte de revenus, insécurité alimentaire, maladies liées à l’eau contaminée. Aux blessures causées par les huîtres ou les poissons à épines, s’ajoutent désormais de nouveaux dangers, comme les seringues abandonnées ou les éclats de verre. Leurs savoirs et savoir-faire sont méconnus et leurs droits sont bafoués.

Au sein du groupe Tapioca, nous considérons les mangroves comme un socio-écosystème. Nous adoptons une approche interdisciplinaire pour comprendre comment les éléments s’articulent, des dynamiques sédimentaires au rôle des communautés locales. Tout organisme collecté est analysé sous plusieurs angles : biologie, écologie, dynamique des populations et contamination.

Nous explorons également les liens entre les communautés locales et la mangrove, en valorisant les savoirs de ceux qui en dépendent au quotidien.


En étudiant la mangrove sous tous ses aspects, nous espérons mieux comprendre les liens et les processus entre l’ensemble des éléments. Cette connaissance est essentielle pour concilier leur protection, les besoins des populations et les politiques publiques.
Les communautés traditionnelles sont les gardiennes des mangroves
Les communautés traditionnelles sont les gardiennes des mangroves. Au sein du groupe TAPIOCA, nous interagissons avec ces communautés en cherchant à leur fournir des données qui renforcent leur voix dans les négociations avec divers acteurs. Nous produisons ainsi des informations essentielles pour la mise en place de politiques publiques.
À titre individuel, nous pouvons réduire notre consommation de plastiques et de produits chimiques et choisir des produits issus de modes de production respectueux des mangroves, notamment en ce qui concerne les crevettes.


Prendre conscience que la Terre est un réseau de socio-écosystèmes interconnectés est fondamental.