Les écosystèmes de la planète sont intimement liés, même lorsque tout semble les opposer, comme la forêt amazonienne et l’océan. Chaque jour, le fleuve Amazone déverse dans l’océan Atlantique un volume d’eau équivalent à cinq années de consommation d’eau potable pour toute la population française.


La forêt amazonienne dépend de l’océan, même à des milliers de kilomètres des côtes. L’eau qui maintient son exceptionnelle biodiversité provient de l’évaporation de l’Atlantique. Transportée vers l’intérieur des terres, jusqu’aux Andes, elle alimente un cycle d’évapotranspiration, où les arbres relâchent l’eau dans l’atmosphère, perpétuant ainsi le cycle des pluies.

Les activités humaines accentuent ces déséquilibres. La déforestation pour des pratiques agricoles, telles que la culture du soja, du café et l’élevage, réduit l’évapotranspiration et aggrave les sécheresses, modifiant le cycle hydrologique. La suppression de la couverture végétale affaiblit les sols, qui sont érodés et emportés par les rivières jusqu’à l’océan. Ce processus augmente la turbidité des eaux côtières, nuisant à la croissance du phytoplancton, qui représente la base de la chaîne alimentaire marine.

L’exploitation de l’or, souvent illégale, aggrave la pollution. Le mercure utilisé pour extraire le métal se diffuse dans les rivières, empoisonnant la faune, les populations locales et, finalement, les écosystèmes marins. L’urbanisation et l’agro-industrie ajoutent leur lot de polluants, des pesticides aux plastiques, qui finissent inexorablement dans l’océan.

Le groupe TAPIOCA ne travaille pas directement sur la forêt amazonienne, mais en étudiant les eaux du panache de l’Amazone, de la côte jusqu’au large, nous évaluons ces impacts sur les écosystèmes marins. Cette approche permet de comprendre comment les processus terrestres influencent la dynamique des océans.
Nous mesurons la présence de polluants, notamment le mercure et les microplastiques, dans les organismes marins côtiers ou du large. Ces analyses permettent d’évaluer les effets des activités humaines et d’alerter décideurs et grand public sur l’état de santé des socio-écosystèmes marins liés aux bassins versants des fleuves.



Chacun peut agir à son échelle. Réduire notre consommation de viande et privilégier des produits d’élevage locaux nourris au fourrage naturel limite la pression sur la forêt, souvent rasée pour cultiver du soja destiné à l’alimentation animale. Quant aux richesses de l’Amazonie et des océans, elles valent bien plus que l’or extrait au prix de leur destruction.


Sensibiliser aux liens vitaux entre ces écosystèmes et soutenir les politiques de conservation, de lutte contre la déforestation et contre l’exploitation minière illégale sont autant d’actions essentielles pour préserver ces environnements.

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